Séminaire à Nancy



Véritable colonne vertébrale de l'ACF, ce lieu d'études des textes fondamentaux de la psychanalyse est avant tout un moment où des cliniciens et tous ceux qui sont intéressés par le discours analytique peuvent se rencontrer et questionner leurs pratiques professionnelles, institutionnelles, mais aussi éthiques et culturelles. Dans chacune des villes où il se tient, l'équipe en charge lui donne un style et un ton propre.

Séminaire d'Etude à Nancy

 2025-2026

Ce Séminaire marque un tournant. Il traite d'une question et d'une seule, à laquelle Lacan n'avait jusqu'alors répondu que de biais : qu'est-ce qu'un analyste ? Réponse : c'est un analysant (mot que Lacan substitue à celui d'analysé) qui a mené à son terme l'expérience analytique. Quel est ce terme idéal ? Pour le savoir, il convient d'articuler la logique du parcours d'une analyse. À son commencement, il y a un désir inédit, qui suppose un franchissement, c'est-à-dire un acte, à l'instar de César passant le Rubicon. Cet acte est celui de l'analysant, mais l'acte psychanalytique proprement dit, c'est le psychanalyste qui l'accomplit, en ouvrant à cet analysant le champ dit du « sujet supposé savoir » où se déchiffre l'inconscient. Au terme, le s.s.s. s'évanouit, tandis que l'analyste, son support, est évacué comme le déchet de l'opération, tel Œdipe finissant sa vie les yeux crevés. L'analysé devenu analyste prend son relais. Et pourquoi ? – alors qu'il sait maintenant ce qui l'attend.

Quelques leçons sont consacrées à la logique de la quantification, dont Lacan commence l'exploration, qui débouchera plus tard sur sa théorie de la sexuation.

La conclusion, inopinée, voit Lacan commenter à chaud les événements de Mai 68, contemporains de la fin du Séminaire.

Jacques-Alain Miller.

contact : Jean-Pierre Galloy <jean-pierre.galloy@wanadoo.fr>

La lecture du Chapitre XII : Le tout et l'objet a, nous initie à une nouvelle écriture logique élaborée par G. Frege. Après l'avoir explicitée, Lacan l'utilise d'emblée pour faire entendre ce qu'il en est du "pas tout". Il fait une critique articulée de ce qui a été une dérive de la psychanalyse autour du traumatisme de la naissance et d'une fusion supposée de la mère et l'enfant. La béance entre homme et femme se recouvre par les signifiants de la fusion perdue mère-enfant à la naissance. Mais en partant d'un prédicat « pas d'inconscient sans la mère », proposition universelle affirmative, il y substitue : « pas de demande qui ne s'adresse à la mère ». Pour Frege, la lettre gothique x vient délimiter le domaine auquel se rapporte la généralité désignée par cette lettre. Lacan vient substituer (l'objet) petit a à pour tout x. En ce sens, c'est le sein, comme objet de la demande, qui prend cette place, ce tout x ne venant là que comme image. L'objet a, en prenant ici une consistance, devient une constante de l'équation, dans l'utilisation que Lacan fait de cette écriture logique.

Il y aurait lieu, à partir de là, de décliner différents objets, à commencer par le placenta, lui aussi plaqué sur la mère. Mais il y aurait plus fondamentalement à reprendre les objets de la demande, à savoir le déchet, le regard et la voix, comme Lacan les décline déjà dans le séminaire X en partant de l'angoisse. Nous verrons les conséquences de cette manipulation dans les chapitres suivants de ce séminaire.

En introduction de la séance du 13 mars 68 (Du tout à l'objet a dans la version du séminaire XV établie par J-A Miller), Lacan précise que ses recherches sont orientées par la nécessité d'étudier les effets de langage sans les mettre à distance de tout discours, en quoi il se démarque de la philosophie. Qu'est-ce qu'une psychanalyse ? Lacan en donne une réponse sous forme de tautologie « C'est la cure que l'on attend d'un psychanalyste… C'est avec un psychanalyste que la psychanalyse pénètre dans ce dont il s'agit, soit l'inconscient, s'il existe et si nous le définissons comme il semble que nous pouvons le faire… Aller au champ de l'inconscient, c'est proprement se trouver au niveau de ce qui se peut le mieux définir comme effet de langage. » p214

Cette interrogation revient au cœur de l'actualité au moment où la Haute Autorité de Santé veut éradiquer la psychanalyse et toute approche psychodynamique dans les institutions de soins pour une large catégorie de patients (classés selon ses critères particuliers). Dans ce contexte, nous allons consacrer notre prochaine séance de séminaire à définir ce que serait une attention aux effets de langage en institution et ses conséquences dans notre travail, s'il se veut orienté par la psychanalyse. Nous allons le faire sous forme de débat à partir de l'expérience de chacun en institution de soins.

Nous nous retrouvons à la MJC Lillebonne le jeudi 12 mars à 20h45.

Jean-Pierre Galloy

Mars 26



Le séminaire d'étude de l'ACF à Nancy va reprendre cette question fondamentale : l'acte analytique. Qu'en est-il de l'acte dans une analyse ? Pouvons-nous, au-delà de la règle de la libre association, parler d'analyse sans un acte venant de l'analyste à son horizon ?
Lacan va interroger tout au long de son séminaire durant l'année 67/68, ce qui l'en est de l'acte. L'acte sexuel, il l'aura déjà évoqué l'année précédente dans son séminaire sur le fantasme. L'année suivante, dans un contexte de crise avec l'institution analytique, il (re)définit l'acte analytique et son rapport avec l'interprétation dans la cure tout en introduisant de fait, le signifiant "analysant" plutôt "qu'analysé" pour faire entendre l'écart entre le savoir et l'acte.
Nous poursuivrons, cette année encore, notre lecture approfondie du séminaire de J. Lacan « L'Acte psychanalytique », plus particulièrement sa deuxième partie, dont la parution récente du texte établi par J-A Miller le rend accessible (édition Le seuil & Le champ freudien). Il s'agira d'explorer la logique de l'acte analytique et ses conséquences pour l'analyse dans une perspective lacanienne.
La lecture du Chapitre XII : Le tout et l'objet a, nous initie à une nouvelle écriture logique élaborée par G. Frege que Lacan utilise pour faire entendre ce qu'il en est du "pas tout". Il fait une critique articulée de ce qui a été une dérive de la psychanalyse autour d'une fusion supposée de l'enfant à sa mère. En partant d'un prédicat « pas d'inconscient sans la mère », proposition universelle affirmative, il y substitue : « pas de demande qui ne s'adresse à la mère ». Lacan vient substituer (l'objet) petit a à pour tout x. C'est le sein, comme objet de la demande, qui prend la place de ce tout x en venant là plaqué (sur la mère) comme image. L'objet a, en prenant ici une consistance (imaginaire), devient une constante dans l'équation que Lacan fait de cette écriture logique.
Dans l'introduction de la séance du 13 mars 68, Lacan précise que ses recherches sont orientées par la nécessité d'étudier les effets de langage sans les mettre à distance de tout discours, par là il se démarquerait de la philosophie. Qu'est-ce qu'une psychanalyse ? Lacan en donne une réponse sous forme de tautologie « C'est la cure que l'on attend d'un psychanalyste... C'est avec un psychanalyste que la psychanalyse pénètre dans ce dont il s'agit, soit l'inconscient, s'il existe et si nous le définissons comme il semble que nous pouvons le faire... Aller au champ de l'inconscient, c'est proprement se trouver au niveau de ce qui se peut le mieux définir comme effet de langage. » p214
Cette interrogation est revenue au cœur de l'actualité au moment où la Haute Autorité de Santé veut éradiquer la psychanalyse et toute approche psychodynamique dans les institutions de soins pour une large catégorie de patients (classés selon ses critères particuliers). Nous avons consacré une séance du séminaire pour débattre de ces questions et de ces enjeux.
Nous reprenons notre lecture du Séminaire L'acte analytique avec le chapitre XII, Le statut du psychanalyste. Lacan arrive à une élaboration de la fin de l'analyse articulée du coté de l'analyste à son devenir. Cette articulation permet de considérer toute la logique d'une cure par sa fin comme il l'avait abordé dès les premières séances de son séminaire.

Nous nous retrouvons à la MJC Lillebonne le jeudi 09 avril à 20h45. 

Renseignements : acf.dr-est@causefreudienne.org